Le diagnostic d’une absence d’utérus ou d’une malformation utérine congénitale irréversible constitue une épreuve clinique majeure pour les femmes qui souhaitent fonder une famille. Qu’il s’agisse d’une affection génétique telle que le Syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH) ou d’une ablation utérine consécutive à une complication médicale, l’incapacité anatomique de porter un enfant a longtemps été assimilée à une stérilité définitive.
Aujourd’hui, l’association de la Fécondation In Vitro (FIV) et de la Gestation Pour Autrui pour les couples gays (GPA) gestationnelle permet de contourner cette barrière anatomique, offrant aux patientes la possibilité d’être pleinement les mères biologiques de leur enfant.
Pathologies de l’Utérus : Focus sur le Syndrome MRKH
L’infertilité par facteur utérin absolu regroupe les situations où l’utérus est soit absent, soit non fonctionnel.
Sur le plan physiologique, les patientes atteintes du syndrome de MRKH disposent d’un patrimoine génétique intact (caryotype 46,XX) et d’ovaires parfaitement opérationnels. La production folliculaire et l’ovulation s’effectuent normalement, seul le réceptacle utérin fait défaut.
Le Protocole Reproductif : FIV et Mère Porteuse Gestationnelle
Lorsqu’une femme possède des ovaires sains mais pas d’utérus, la GPA dite gestationnelle (où la mère porteuse ne transmet aucun matériel génétique) est la solution médicale préconisée par l’ESHRE (European Society of Human Reproduction and Embryology).
Les ovocytes de la mère d’intention sont prélevés après une stimulation ovarienne classique. Ils sont ensuite fécondés in vitro avec le sperme du conjoint. L’embryon ainsi créé est réimplanté dans l’utérus d’une gestante soigneusement sélectionnée. L’enfant issu de ce processus hérite à 100 % des gènes de ses parents d’intention.
Aspects Juridiques et Transcription de l’État Civil pour les Parents Français
Bien que la GPA ne soit pas autorisée sur le territoire national français en vertu de l’article 16-7 du Code civil, les décisions récentes de la Cour de Cassation et la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH – arrêt Mennesson) protègent l’intérêt supérieur de l’enfant.
Désormais, un enfant né à l’étranger par GPA (dans un pays encadrant légalement la procédure comme les États-Unis ou la Géorgie) a le droit de voir son acte de naissance étranger transcrit sur les registres de l’état civil français, dès lors que le lien de filiation biologique avec le parent d’intention est légalement établi.
Foire Aux Questions (FAQ)
- Puis-je utiliser mes propres ovocytes si je suis atteinte du syndrome de MRKH ?
Oui, tout à fait. Les ovaires des femmes atteintes de MRKH sont fonctionnels et produisent des ovocytes de qualité comparable à celle des femmes du même âge. - Le syndrome de Rokitansky est-il dépisté lors de la grossesse par GPA ?
Le syndrome de MRKH n’étant pas une maladie chromosomique mais un défaut de développement embryonnaire d’origine généralement sporadique, il n’altère en rien le déroulement de la grossesse chez la gestante.
Sources et références
- INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale): Dossier d’information : Le syndrome de MRKH et l’agénésie müllérienne.
- Cour de Cassation (France): Arrêt Mennesson c. France (CEDH) et jurisprudence sur la transcription des actes de naissance étrangers post-GPA.
- European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE): ESHRE Good Practice Recommendations for Gestational Surrogacy.

